Esaday

Dans cette cour étendue de la concession,

Entourée de piquets et dépourvue de porte,

Trois bols entreposés attendaient à l’horizon.

Hommes, femmes et enfants de toutes sortes

Priaient à l’unisson aux graves méditations.

Ainsi, j’apercevais cette foule que je rejoignais

Aussitôt sans demander mot, ni barguigner.

Mais je compris que c’était un acte de charité

Puis, nous fûmes répartis autour de ce sinaagnas,

Le baserengab… témoignant l’avidité de cette masse

Se désemplissait ruinant les abîmes de sa grâce.

Ainsi en prières  on bénissait l’expéditeur

Dont la main droite tambourinait le front récepteur

De ces prières, cette baraka amortissant son malheur,

Par deçà les difficultés, les plaintes et les contraintes.

Par delà les entraves, les obstacles et les atteintes.

On implore la bonté de cet esprit balayeur des craintes

En méditant le Salat puis le Fatiha, après le Bismilah

On se rinçait enfin les mains pour dire Alhamdoulilah.

On se partageait six noix de colas rouges et blancs

Qu’on croquait sous le regard meurtri du charlatan.

Dont l’attitude inhabituel inquiétait le Bienveillant

Somnolant certes, les yeux ouverts grandement .

Sous les cieux, acquiessent gens du peuple d’Adam.

Esadaay : La charité, en langue joola du Fogny.

Sinaagnas : En joola repas servi dans un bol.

Baserengab : En joola, céréale semi-écrasée et cuite, servie comme nourriture, souvent avec la sauce.

Abdourahmane Bakhoum

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