Esaday

Dans cette cour étendue de la concession,

Entourée de piquets et dépourvue de porte,

Trois bols entreposés attendaient à l’horizon.

Hommes, femmes et enfants de toutes sortes

Priaient à l’unisson aux graves méditations.

Ainsi, j’apercevais cette foule que je rejoignais

Aussitôt sans demander mot, ni barguigner.

Mais je compris que c’était un acte de charité

Puis, nous fûmes répartis autour de ce sinaagnas,

Le baserengab… témoignant l’avidité de cette masse

Se désemplissait ruinant les abîmes de sa grâce.

Ainsi en prières  on bénissait l’expéditeur

Dont la main droite tambourinait le front récepteur

De ces prières, cette baraka amortissant son malheur,

Par deçà les difficultés, les plaintes et les contraintes.

Par delà les entraves, les obstacles et les atteintes.

On implore la bonté de cet esprit balayeur des craintes

En méditant le Salat puis le Fatiha, après le Bismilah

On se rinçait enfin les mains pour dire Alhamdoulilah.

On se partageait six noix de colas rouges et blancs

Qu’on croquait sous le regard meurtri du charlatan.

Dont l’attitude inhabituel inquiétait le Bienveillant

Somnolant certes, les yeux ouverts grandement .

Sous les cieux, acquiessent gens du peuple d’Adam.

Esadaay : La charité, en langue joola du Fogny.

Sinaagnas : En joola repas servi dans un bol.

Baserengab : En joola, céréale semi-écrasée et cuite, servie comme nourriture, souvent avec la sauce.

Abdourahmane Bakhoum

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Eid Al Adha ou Tabaski au Sénégal: urgence ou déviance?

Les années se succèdent comme une locomotive sans début. Par contre il est rare de voir dans notre société une évolution positive des mentalités. Cela est fort bien déplorable. En effet, les gens s’offrent un vrai casse-tête, gratuitement pour bien célébrer la fête de Tabaski. Autrement dit s’endetter, meubler sa maison, faire sa toilette, augmenter les prix, dépenser en excès, consommer de la bonne viande, faire le tour du voisinage pour saluer le même voisin.

Le mot Tabaski est commun aux pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale; Eid Al Adha en orient. Observée en trois jours, la Tabaski marque par ailleurs Arafat ou la fin du pèlerinage. Cette fête symbolise le sacrifice d’Abraham, le prophète ayant reçu l’ordre d’égorger son fils unique Ismail pour rendre son amour et son honneur au Tout Puissant, Créateur de l’Univers, Maître des cieux.

Par conséquent, il a été conçu dans la bonne volonté et par respect des prescriptions du Prophète Mahomet (PSL) aux fidèles musulmans la nécessité de perpétuer ce sacrifice. Ainsi le musulman peut choisir un vêtement propre et conforme pour la prière. Apres la prière celui qui a le moyen peut choisir entre le mouton, le bouc, le taureau ou le coq à sacrifier. Autrement dit, chacun devrait célébrer la Tabaski de mèche avec ses possibilités en prenant en considération ses propres moyens, qu’il soit riche ou pauvre.

Paradoxalement, nombreux sont les Sénégalais qui excèdent dans les dépenses et vont au-delà de ces normes. Ils commencent par s’endetter rien que pour se payer le plus gros bélier du quartier, ensuite chercher un coupon de basin riche, des chaussures des sacs de choix, et… pour finir, c’est avec la coiffure en mode. Pour effet, compte tenu de ces besoins optionnels et impertinents pour quelqu’un qui peine à accomplir correctement les cinq piliers de l’Islam obligatoires, on constate des inquiétudes. Car il est d’usage à d’aucuns de se livrer à la fourberie, au vol, à l’agression, à la prostitution et à la hausse des tarifs de transport… En guise d’exemple, le prix du transport de Kaolack à Dakar peut doubler voire tripler dans cette circonstance en une seule journée. Et après le jour, on se retrouve dans une galère meublée par des poursuites, des plaintes et convocations de la police. Comment pouvez-vous conscientiser une telle société, changer son rythme qui tend plus en plus vers la fausseté et l’ignorance?

De plus, c’est un moment de comprendre le fonctionnement du baromètre prenant en compte la différenciation des classes de la société. Cette société constituée de pauvres dans sa majorité défie cette logique par le medium de l’esthétique affichée.

Malheureusement, cela n’alerte aucunement les autorités concernées car nous vivons dans une société de laisse-qui-veut ou les uns et les autres entretiennent des relations exclusivement fondées sur la copie adoptive, l’excès de zèle, l’orgueil et la culture du narcissisme. S’inscrivant dans la même perspective, il faut noter que Le tout Puissant Allah n’a jamais aimé les abus et l’excès, c’est ce qui justifie sur plusieurs plans l’existence de la Sharia.

Covid19, Mbassmi et Tagatembe sur la gestion politique de la pandémie.

Tagatembe: Que voulez-vous qu’on comprenne dans cette situation léthargique ?

Mbassmi: C’est juste une pandémie qui fait son taff dans ce pays. Le truc, c’est que vous n’arrivez pas à respecter les mesures adéquates, le couvre-feu…C’est des détails qui font mes affaires. Ça s’arrange fort bien. Et puis vous les humains, vous avez fait beaucoup de mal à la terre. Vous allez payez un tant soit peu.

Tagatembe: Comment oses-tu me parler sous ce ton arrogant ? Ah bon! Nous avons pêché dis-tu. Et…avec tes crimes tu prétends obtenir un bon résultat ? Allons arrêtez. Tu sais bien qu’on a toujours fait preuve d’entêtement dans ce genre de figure. Ces gens qui meurent, ces quarantaines, ces confinements, ces masques, ont-ils la conséquence de nos actes? On peut voir les choses autrement. Je t’invite à cela. Ce qui est certain, c’est que rien dans tout ça n’est gratuit. Si tu veux qu’on souffre, on souffre en dignité avec le fameux « restez chez-vous. » Encore dictature! Le riz , la nourriture, je les ignore. Seulement, il faudrait en donner davantage aux plus méritants. D’ailleurs « qui est méritant? ».

Mbassmi: Arrête de te faire des autant d’idées. Ça finira tout ça. Tout va bien se passer l’État va gérer la situation.

Tagatembe: l’État? C’est qui l’État, un groupe restreint, avec des infiltrés. J’en demeure impatient alors. Comme tel, les enseignants nostalgiques retrouveront leurs chers élèves. Ces pauvres patriotes, ils n’ont pas où passer avec ces restrictions. Mais comme il y’a des restrictions, dites-moi de grâce où passent ces enveloppes, ces chèques, où nous en sommes avec les dettes. Aussi nous voulons savoir l’origine et la destinée de ces bateaux porteurs de tonnes de drogue dure. Xalas! Donnez plutôt du respect à cette Université nous fournissant des machines à laver, des robots. L’éducation n’est pas un ennemi. Il y a certes des efforts à fournir pour ces vaillants acteurs de la santé. Enfin, éduquer ces parlementaires faisant inconscients la promotion des marques extérieures sur les plateaux de télévisions. Les masques… Faites preuve de nationalisme.

Mbassmi: Et bien l’État doit faire le nécessaire. De toute façon je doit finir mon travail.

Abdourahmane Bakhoum.

Entre orgueil et pouvoir

La politique aura-t-on dit, cet art qui prétend gérer. La cité, peuple à flammes subit incapable sa propre dislocation, à la base subordonnée à lui-même. La minorité politicienne semant à perpétuité les graines amères d’une longue poursuite de la révolte populaire. Pourtant, on nous targue d’une éventuelle démocratie acquise que les démocrates d’outre cravatés de jadis auraient forgé à métal inoxydable dans les entrailles avides d’une société écartée par une « majorité  » assainie. Ces détenteurs de la baraka dite majoritaire rêvent grand derrière la profonde sieste des jeunes fils et filles nourrissant l’espoir de pouvoir, à leur conditionnel réveil voir briller en pleine journée les rayons solaires. Ces rayons illumineraient le sombre de la léthargie infligée en toute gratuité. Le beau corbeau, narcissique se mire ainsi la face. Tout ce qu’il voit se refléter n’est que du bien, hélas auréolé de billets de banques léguées par la métropole. Et le pauvre, d’un regard meurtri se révolte sans armes, aucune à défaut d’un maigre ventre plein. Le perroquet violenté dans sa robe verte, d’ailleurs déplumée, manipule inconscient son smartphone dans une série de tweet pour valider un autres samedi dépouillé de crédo. Ça me dit rien de moins, que tout cela maudit…

Abdourahmane Bakhoum

Dérives

Nous voyons les jours qui se déclinent. À l’horizon, la perspective qui se balance, vacille et se replie comme pour nous dire un autre mot.

Les idées immondes en dérive se débattent alors que souffrent dans nos pensées ces multiples équivoques qui dorment sans fermer les yeux. La mémoire confuse des générations sans buts standards accomplie, outre une mission. La mission!

La vie dans l’idéal absolu des normes! À « bée-le-bec », un oiseau chante dans sa tête un rythme confus, une mélopée débordante, sourde mais… en lui bon-semblable.

A.Bakhoum.